Propos recueilli par Prisca Lokale

Zibondo est un Jeune kuluna d’une trentaine révolue. À Barumbu, une banlieue de Kinshasa où il habite dans une maison construite essentiellement des tôles métalliques, on l’appelle « Chef de gang». Dans son armée d’une quinzaine de personnes, il y a un général et des soldats. Les décisions viennent de lui avant d’être exécutées. Dans un entretien accordé à blogducitoyen.net, il parle des raisons qui favorisent la délinquance juvénile (kuluna) à Kinshasa.

BDC : Bonjour Zibondo ! Peux-tu me parler un peu de toi ?

Zibondo : On m’appelle Zibondo. Je suis né d’une famille nombreuse. J’ai étudié jusqu’en cinquième des humanités, section électricité industrielle à l’institut Ntolani de l’Armée du salut. Je vis ici depuis quelques temps.

BDC : Zibondo, pourquoi n’as-tu pas décroché un diplôme ?

Zibondo : Nous avons connu des moments difficiles dans la famille qui m’ont poussé d’arrêter les études. Les parents devaient choisir entre me payer les frais et nourrir la famille. J’ai attendu mais, ces moments ont durés. Et c’est là que j’ai commencé à chômer jusqu’à ne plus reprendre le chemin de l’école.

BDC : En ce moment-là, quelles activités faisaient ton père et ta mère ?

Zibondo : Mon père était un ajusteur et ma mère se débrouillait dans son petit commerce. Au début, ils pouvaient trouver des petits marchés qui nous permettaient de survivre. Jusqu’au moment où les choses ont changées. Les marchés étaient devenus très rares.

BDC : Pendant ton chômage, à quelle activité t’es-tu donnée ?

Zibondo : Pendant tous ces temps jusque aujourd’hui, je me débrouille dans la maçonnerie, des petits travaux des techniciens, faire des étriers et autres.

BDC : Selon Toi, qu’est-ce qui peut amener un Jeune-homme à se livrer au banditisme ?

Zibondo : Pour moi, plusieurs raisons favorisent le banditisme. C’est un état d’esprit. Je pense que tout part des circonstances par lesquelles ces jeunes gens vivent. Y en a qui sont maltraités sous le toit des tiers. D’autres qui ont grandi dans une situation compliquée, ils se battent pour trouver un travail et n’en trouvent pas. Si certains peuvent supporter, les autres non. C’est alors qu’ils se livrent au vol, bavures, à la pagaille.

BDC : Une décision du Conseil National de sécurité veut Identifier, Cantonner et Former ces jeunes. Qu’en penses-tu ?

Zibondo : C’est une bonne décision. Mais, ils devraient commencer par former ceux qui sont en prison. Leur trouver de l’emploi aussi. Parfois, les autorités prennent des bonnes décisions d’aider les jeunes mais, ils aboutissent par les enfermer en prison pour rien.

BDC : Pour mettre fin à ce phénomène, quelle proposition peux-tu faire aux autorités ?

Zibondo : Pour le faire, je leur propose de résoudre d’abord la question d’emploi des jeunes. Le social de chaque congolais. Résoudre les causes qui peuvent amener la jeunesse à se perdre.

BDC : Si jamais, il fallait que tu sois intégré dans une activité, laquelle ferais-tu mieux ?

Zibondo : Pour l’instant, je ne sais pas opérer un choix. Mais, toute offre d’activité ou formation qui peut se présenter, je saurais m’y appliquer parce que j’ai besoin d’un travail.

BDC : Il t’arrive aussi de penser à l’avenir ? Que voudrais-tu devenir ?

Zibondo : Oui, je continue de rêver. D’abord, Je souhaite trouver un emploi qui peut me permettre de répondre à mes besoins. M’organiser et forger mon avenir et celui de ma progéniture.

Le Conseil National de sécurité, dirigé Mardi dernier par Félix Tshisekedi, nouveau Président de la RDC a décidé d’ identifier, cantonner et Former les brigands. Ils pourront bénéficier d’une orientation vers différents métiers selon leurs aptitudes.

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