Par Joslin Baba

Dans la soirée du mardi 20 août 2019, Tina Salama porte-parole du Président Félix Antoine TSHISEKEDI, a annoncé la gratuité effective de l’enseignement primaire dès le 02 septembre prochain. Il s’agit d’une promesse de campagne électorale dont chaque congolais attend de savourer la concrétisation. Pour passer du rêve au réel, j’estime que cette décision doit être confrontée aux grands défis que j’évoque dans ce papier.

2.909.000.000 USD pour matérialisation la gratuité sur l’étendue nationale

La gratuité de l’enseignement de base a un impact budgétaire malgré les bienfaits que cela pourrait avoir sur la société. Selon les chiffres avancés par le Secrétaire Général à l’EPSP à l’occasion des travaux des conférences budgétaires exercice 2020, organisés par le Ministère national du Budget, le gouvernement congolais devra décaisser un équivalent de 2.909.000.000 dollars américains pour l’effectivité de ce projet sur l’ensemble du territoire national pour l’année scolaire 2019-2020 . Des chiffres qui obligeront l’Etat congolais à tripler le budget national, passant ainsi de 5 milliards à 15 milliards USD. Il faudrait également des mécanismes économiques faisant basculer du budget des moyens au budget programme.

Affecter la bonne part du budget aux secteurs pro pauvres

La gratuité de l’éducation de base prévoit une rémunération  estimée à 714. 508 CDF, équivalent de 433USD/Mois pour chaque enseignant. Tel est le montant proposé pour sa mise en œuvre avec un total de 542.834 enseignants payés et non payés sur toute l’étendue du territoire national. En vue d’assurer les années de la gratuité de l’enseignement primaire, le gouvernement Ilunkamba -qui peine encore à s’installer- aura pour tâche de mobiliser les recettes nécessaires, en évitant les dépenses extra budgétaires. Il faudra alors renverser la balance au profit d’une redistribution rationnelle des richesses du pays en donnant la priorité des priorités aux secteurs pro-pauvres à l’instar de l’éducation, l’agriculture et la santé. On notera aussi que la gratuité de l’éducation de base n’est pas reprise dans les lignes budgétaires de cette année (2019).

Penser à réduire le budget alloué au fonctionnement des institutions

Nul n’ignore qu’en RDC, le gros du budget, soit plus de 75 %, est affecté au fonctionnement des institutions du pays. Alors que pour assurer l’effectivité de la gratuité comme le veut le président de la République, il est important d’éviter un gouvernement budgétivore,  rabattre les émoluments des députés, sénateurs, mandataires publics, les diplomates et autres, va constituer un pari gagné pour la gratuité de l’éducation de base en RDC.

Passer de la parole à l’acte

Au regard de toutes les réalités économiques du pays, évoquées ci-haut, la matérialisation de la gratuité de l’enseignement de base sur toute l’étendue nationale prônée par le président Félix TSHISEKEDI pose encore d’incertitudes pour cette année scolaire. A mon avis, il nous faut encore 2 à 3 ans pour rendre la effective-sur toute l’étendue du pays-. Qui vivra verra, dit-on.