Par Prisca Lokale (PL)

Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo est une ville où tous les travaux se pratiquent pour survivre. Les femmes, qu’elles soient veuves, divorcées, célibataires ou vivants avec handicap physique travaillent dur pour nourrir leurs familles. Aujourd’hui Mado, Mamie, Chéla et Espérance, quatre citoyennes, se sont confiées à blogducitoyen.net.

Mado, veuve et mère de 10 enfants, elle assure tout

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Derrière l’école primaire Saint Pierre de Kinshasa, nous trouvons Mado Kabola, veuve et mère de 10 enfants, responsable d’un restaurant de fortune. “ J’ai perdu mon époux, il y a quelques années. Je me suis lancée dans le commerce pour nourrir ma famille. Je suis mère de 10 enfants, l’aîné aura son diplôme de licence cette année. Le cadet a 8 ans, il est en deuxième année primaire” confie Marie Kabola

Avec ses petites épargnes, Marie fait accroître son commerce. “C’est depuis 2016 que je tiens ce restaurant. J’ai commencé par un commerce du thé et des beignets. Maintenant, je prépare également le riz et les haricots. Je fais des petites économies avec la somme que je gagne par jour” explique-t-elle.

Mamie Anadjanga, la cantonnière

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Il est 8 heures. Nous sommes sur l’avenue Kasavubu, une rue dans la commune de Kinshasa. Sous un soleil harassant, nous trouvons Mamie Anadjanga, 33 ans. Cette citoyenne est engagée dans un service d’assainissement, elle balaie la ville depuis 4 ans. « Je suis née au Sankuru. J’ai arrêté les études en première année secondaire faute des moyens. En 2015, j’ai été intégré dans ce service d’assainissement. Je suis Cantonnière, ce que je reçois chaque fin du mois, en plus du transport me permet de répondre à mes besoins », dit-Mamie.

Je suis célibataire, je vis avec mes soeurs. Je ne voulais pas de ce travail. Si je l’ai choisi, c’est à cause de la souffrance. Ce travail est le seul moyen pour répondre à mes besoins et ceux de mes sœurs” a-t-elle ajouté.

Chela Nzumba avec ses canettes le long du boulevard

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J’habite Kimbanseke. J’ai deux enfants. Ces cannettes que je vends chaque jour me permettent de répondre aux besoins de mes enfants et aux miens aussi” dit cette jeune femme de 27 ans.

Parfois humiliée par ses amies, elle tient le coup. “J’ai arrêté les études en quatrième des humanités quand je suis tombée enceinte. Il arrive que mes amies se moquent de moi parce que je parcoure le boulevard du 30 juin pour vendre mes cannettes. Je préfère me battre plutôt que d’attendre ce qu’un homme peut me donner” dit Chela, sourire aux lèvres.

Espérance Losali surmonte son handicap pour vivre

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Au croisement des avenues Kasavubu et Kabambare, Espérance Losali, 52 ans. Elle a installé son commerce des jus en plastiques, des pains et de thé. “Cela va faire cinq années depuis que je suis dans ce commerce. Je nourris la famille, je paie le loyer et je scolarise mes 5 enfants. J’investis toute mon intelligence pour réussir ce commerce” dit-elle

Sur sa chaise roulante, Espérance dit être des congolais refoulés de Brazzaville. “Je faisais mes voyages au Congo Brazzaville pour vivre. Depuis que nous avons été refoulés en 2014, mon époux ne travaille plus. C’est là que je me suis lancée dans ce commerce. Mon handicap ne m’empêche pas de me battre pour vivre”. avoue Espérance qui se fait aider par sa sœur, d’une quarantaine.

Ces quatre femmes représentent un infime échantillon de celles qui se battent chaque jour pour survivre dans les rues de Kinshasa. Toutes les quatre n’ont pas décroché un diplôme d’État.

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