Par Sandrine NSAKU

Plus que 10 jours nous séparent de l’année scolaire 2019-2020. Mercredi 21 août, Emery Okundji, ministre intérimaire de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel a tenu un point de presse pour annoncer la suppression des frais payés par les parents à l’école. C’est un pas vers la gratuité de l’enseignement primaire, promise par le Président Félix Antoine Tshisekedi. 

Dans les rues de Kinshasa, quelques parents ont donné leurs avis sur l’effectivité de cette promesse à Blogducitoyen.net.

En tant que parent comptez-vous sur l’effectivité de la gratuité de l’enseignement ?

Bodé Vuna, fonctionnaire de l’Etat, habite de la commune de Kalamu. Il estime que si  le gouvernement congolais ne met pas en application cette décision, rien ne lui sera pas étonnant. « Nous savons tous que souvent les politiciens congolais ne respectent pas les promesses qu’ils tiennent. Depuis un certain temps, j’ai compris que nos politiciens sont plus animés par la mauvaise volonté. Je ne suis pas vraiment d’accord et puis je ne crois pas que la gratuité serait prise en charge par l’Etat congolais cette année. Nous allons certainement être déçus. Que la décision soit respectée ou pas, personnellement je ne serai pas étonné » a affirmé Bodé,  âgé d’une cinquantaine d’années.

Espérance Mokelo, quadragénaire et ménagère, fait rebondir les souvenirs de 2006 où les syndicats des enseignants avaient décrété une grève sur l’ensemble du territoire congolais. « Nous parents, pour éviter que nos enfants chôment cette année comme c’était le cas en 2006 à cause du barème de Mbudi, nous sommes censés de payer seulement les frais scolaires. Moi, personnellement je ne crois pas à cette promesse. Les autorités du pays doivent savoir que nos enfants sont les futurs cadres de ce pays, alors elles doivent prêcher par l’exemple tout en respectant ce qu’elles nous promettent » dit cette femme, habitante de Bumbu.

« J’estime que cette promesse pourrait se concrétiser dans les années à venir. La décision du président est venue brusque. Il n’a pas peut-être pas  fait une étude de faisabilité sur le terrain avant d’annoncer cette décision. Assurer la gratuité de l’enseignement pourrait encore prendre quelques années » a expliqué Arnold, de Selembao.

« Cette décision sera salutaire seulement lorsqu’elle est respectée.On peut bien débuter les années de gratuité mais la finalité pourra poser problème. Au cas où, il y a grève des enseignants, nous allons toujours recommencer à prendre les études de nos enfants en charge »,  dit Ruth Mabiala.

En dehors de la gratuité, les infrastructures scolaires compte aussi. C’est ce que fait savoir Cyprien Bokonibo, habitant Limete quartier Kingabwa.

« Parler de la gratuité de l’enseignement de base, c’est une excellente idée. Mais il serait mieux d’abord important de commencer par construire les écoles officielles sur l’étendue du pays, et penser aussi à améliorer les salaires des enseignants. Avec cette allure où va des choses, nous risquons toujours d’assumer notre responsabilité comme dans les années antérieures. Au quartier Kingabwa où j’habite, il y a beaucoup d’enfants mais peu d’écoles conventionnées voire officielles. Plusieurs sont des écoles privées. Comment fera l’Etat congolais avec cette gratuité dans mon quartier? »; s’intérroge-t-il, quadragénaire

« Seul l’avenir nous dira plus.  La gratuité l’enseignement est un droit régi par la constitution, ce n’est pas une simple promesse. Pour l’instant, nous allons continuer à prendre en charge nos enfants, en attendant que la gratuité soit effective » conclut Faustin Makengo, automobiliste.