Par Jean-Hilaire Shotsha

C’était dans la nuit du 13 décembre dernier quand un incendie a ravagé l’entrepôt de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sur l’avenue du Haut Commandement à  Gombe.

8000 machines à voter sur les quelques 10.000 prévues pour la ville de Kinshasa sont parties en fumé. Au total, c’est des matériels pour 19 communes sur 24. a précisé Corneille Nangaa, Président de la CENI.

Un incendie intelligent ?

La seule et vraie question que je me suis posé en accueillant cette information était, comment un incendie peut ravager près de 9500 batteries externes, 800 motos, 15 véhicules, 17901 encres indélébiles, 552 kits bureautiques et 8000 machines à voter sans causer des dégâts dans le quartier ? L’incendie serait-il aussi intelligent pour ne viser que l’Entrepôt de la CENI ? Le feu a été si fort qu’il a tout brûlé sans faire mort d’hommes ? J’apprécie la bravoure des gardiens de cet Entrepôt.

La deuxième question est de savoir si l’incendie était criminel et à qui il profite ? Un des camps peut-il être convaincu que ces élections lui seront favorables ?

Les politiciens s’accusent

Au lieu de s’interroger sur les origines de l’incendie ou attendre le résultat de l’enquête, les politiciens s’accusent eux-mêmes.

Dans un communiqué, le Front commun pour le Congo (FCC) se dit choqué par cet incendie. Le FCC accuse l’opposant Martin Fayulu, candidat de la coalition Lamuka d’être le commanditaire de cet incendie. Il l’accuse de mettre en œuvre un « projet bien planifié tendant à entraver le processus électoral ».

Dans l’opposition, en revanche, on accuse le régime d’être responsable. Jean-Pierre Bemba, membre de la coalition Lamuka demande une enquête. Il dit ne pas comprendre  comment des bâtiments sécurisés par la police et la garde républicaine ont pu se consumer ou même être attaqués sans réaction.

Félix Tshisekedi, candidat président du Cap pour le changement (CACH) lui met en garde le pouvoir et l’autre opposition.

Malgré cet incident, la CENI rassure que les élections seront organisées le 23 décembre. Peu de gens y croit.

A ce stade, ça craint de voir un entrepôt 8000 machines à voter qui devaient servir 19 communes sur les 24 de Kinshasa emportées par l’incendie. Est-ce que nous allons à une élection où une grande partie de la ville de Kinshasa ne va pas voter ?